3 novembre 2011 / Nathalie

Articles scientifiques sur le syndrome de Dravet parus en août 2011

4 traductions des résumés des articles parus en août 2011. Merci à Hélène pour sa contribution !

 

Seizure. 2011 Aug 23. [Epub ahead of print]

SCN1A mutational analysis in Korean patients with Dravet syndrome.
Lim BC, Hwang H, Chae JH, Choi JE, Hwang YS, Kang SH, Ki CS, Kim KJ.

Department of Pediatrics, Seoul National University College of Medicine, Seoul, Republic of Korea; Pediatric Clinical Neuroscience Center, Seoul National University Children’s Hospital, Seoul, Republic of Korea.

Analyse mutationnelle SCN1A de patients Coréens atteint d’un syndrome de Dravet.

OBJECTIF: Le but de cette étude était de caractériser le spectre des mutations SCN1A chez des patients Coréens atteinte d’un syndrome de Dravet.

METHODE: Vingt-neuf patients diagnostiqués avec un syndrome de Dravet à l’Hôpital pour enfants de l’Université Nationale de Séoul  ont été inclus dans l’étude. Le séquençage direct et l’amplification multiplex de sonde nucléique dépendant des ligatures (MLPA) ont été utilisés pour identifier les mutations SCN1A. Les mutations ont été classées soit comme troncature (non-sens et frameshift) soit comme mutations faux-sens.

RESULTATS:  Dix-neuf mutations pathogènes (19/29; 66%) et trois variantes non classées ont été identifiées. Une mutation de grande délétion couvrant les exons 1-20 a été détectée à l’aide de la MLPA. Quinze de ces 19 mutations SCN1A étaient nouvelles. Onze mutations ont été classées comme des troncatures (sept mutations frameshift et quatre mutations non-sens) et sept ont été classées comme des mutations faux-sens. Les  troncatures s’étendent sur toute l’étendue des sous-unités de la protéine SCN1A, alors que toutes les mutations faux-sens ont été localisées dans les régions soit du voltage sensor (S4) soit du pore ionique (S5-S6). L’analyse selon le phénotype clinique a révélé que les mutations SCN1A étaient plus fréquentes dans le groupe classique que dans le groupe borderline (78% vs 45%).

CONCLUSIONS:  L’analyse mutationnelle SCN1A des patients coréens atteints du syndrome de Dravet abouti à l’identification de 15 nouvelles mutations, ce qui pourrait élargir le spectre des mutations SCN1A et confirme la compréhension actuelle des corrélations génotype-phénotype.

 

Epileptic Disord. 2011 Sep;13(3):340-4.

Dravet syndrome with an exceptionally good seizure outcome in two adolescents.
Kobayashi K, Ohmori I, Ouchida M, Ohtsuka Y.

Department of Child Neurology.

Deux cas de développement exceptionnels chez deux adolescents atteints de syndrome de Dravet

Nous présentons deux enfants qui ont présenté les signes caractéristiques du syndrome Dravet pendant la petite enfance et la jeune enfance, avec également une mutation du gène SCN1A, mais qui ont présenté une rémission pendant au moins quatre ans durant l’adolescence. Ces patients n’avaient eu aucun épisode de mal convulsif supérieur à 30 mn et une évolution globalement favorable de leur épilepsie est susceptible d’être liée à la la prévention  de l’état de mal épileptique.

 

Eur J Neurosci. 2011 Aug 22. doi: 10.1111/j.1460-9568.2011.07826.x. [Epub ahead of print]
Na(v) 1.1 dysfunction in genetic epilepsy with febrile seizures-plus or Dravet syndrome.
Volkers L, Kahlig KM, Verbeek NE, Das JH, van Kempen MJ, Stroink H, Augustijn P, van Nieuwenhuizen O, Lindhout D, George AL Jr, Koeleman BP, Rook MB.

Division of Biomedical Genetics, Department of Medical Genetics, University Medical Center Utrecht, Utrecht, The Netherlands Division Heart & Lungs, Department of Medical Physiology, University Medical Center Utrecht, Yalelaan 50, 3584 CM Utrecht, The Netherlands Department of Medicine, Vanderbilt University, Nashville, TN, USA Department of Neurology, Canisius-Wilhelmina Hospital, Nijmegen, The Netherlands SEIN – The Epilepsy Institutes of the Netherlands Foundation, Heemstede, The Netherlands Department of Pediatrics Neurology, University Medical Center Utrecht, Utrecht, The Netherlands Department of Pharmacology, Vanderbilt University, Nashville, TN, USA.

Relativement peu de mutations SCN1A associées à l’épilepsie génétique avec convulsions fébriles plus (GEFS+) et le syndrome de Dravet (DS) ont été caractérisées fonctionnellement. Contrairement à GEFS+, de nombreuses mutations détectées chez les patients DS sont prédites  pour causer une perte complète de fonction. Cependant, les conséquences fonctionnelles ne sont pas immédiatement apparentes pour les mutations faux-sens des patients DS. Par conséquent, nous avons effectué une analyse biophysique de trois mutations faux-sens SCN1A (R865G, R946C et R946H), que nous avions identifiées chez six patients avec DS. Par ailleurs, nous avons comparé les fonctionnalités de la mutation R865G DS  avec celle de la mutation R859H détectée chez un patient GEFS+; les deux mutations résident dans le même domaine du capteur  voltage de Na(v)1,1. Les quatre mutations ont été co-exprimées avec les sous-unités β1 et β2 dans des  cellules tsA201, et caractérisées par la technique de patch-clamp sur cellule entière. Les deux mutations DS, R946C et R946H, étaient non fonctionnelles. Cependant, les nouveaux mutants du capteur de voltage R859H (GEFS +) et R865G (DS) ont produit des densités de courant de sodium semblables à celles des canaux natifs sauvages. Les deux mutants avaient des décalages négatifs dans l’activation voltage dépendante, une reprise plus lente de l’inactivation,  et une augmentation du courant résiduel. Seuls le mutant GEFS+ a présenté une perte de fonction de la disponibilité des canaux voltage-dépendants. Nos résultats suggèrent que la mutation R859H induit l’épilepsie GEFS+ par un mélange de dysfonctionnements biophysiques dans le canal sodium Na(v)1,1  régulant le passage du sodium. Fait intéressant, alors que la perte de fonction du canal Na(v)1,1 est commune dans les DS, la mutation R865G peut provoquer le syndrome de Dravet par des dysfonctionnements se traduisant par un gain de fonction.

 

Pediatrics. 2011 Aug 15. [Epub ahead of print]
Alleged Cases of Vaccine Encephalopathy Rediagnosed Years Later as Dravet Syndrome.
Reyes IS, Hsieh DT, Laux LC, Wilfong AA.

Department of Pediatrics and.

Des cas présumés de l’encéphalopathie vaccinales re-diagnostiquées des années après comme syndromes de Dravet.
Le Syndrome de Dravet est une encéphalopathie épileptique rare liée à des mutations dans le gène SCN1A (sous-unité α1 du canal sodique neuronal), il est caractérisé par une apparition pendant l’enfance avec des types de crises polymorphes et un retard de développement. Il a été décrit récemment qu’un certain pourcentage de patients diagnostiqués comme atteints d’encéphalopathie vaccinale  seraient susceptibles d’avoir des mutations du gène SCN1A et des histoires cliniques compatibles avec un syndrome de Dravet, mais ces résultats n’ont pas été réitérés. Nous présentons ici les cas de 5 enfants venus pour faire traiter leur épilepsie, avec un diagnostic porté par les parents d’une épilepsie encéphalophique vaccinale causée par les vaccinations contre la coqueluche chez les nourrissons. Leurs pathologies ont été toutes rediagnostiquées, des années  plus tard, comme syndromes de Dravet avec le soutien du dépistage génétique. Nous espérons que ces cas sensibiliseront au syndrome de Dravet les professionnels de santé qui prennent en charge des enfants et adolescents  et faciliteront la reconnaissance et le diagnostic précoce du syndrome.
Poster un commentaire