24 mars 2011 / Nathalie

Articles scientifiques sur le syndrome de Dravet parus en février 2011

Ce mois-ci, 3 articles scientifiques des équipes japonaise et américaine, sont parus. N’hésitez pas à nous signaler les erreurs….
Merci à Hélène pour son aide.

Scn1a missense mutation causes limbic hyperexcitability and vulnerability to experimental febrile seizures.

Ohno YIshihara SMashimo TSofue NShimizu SImaoku TTsurumi TSasa MSerikawa T.

Laboratory of Pharmacology, Osaka University of Pharmaceutical Sciences, Osaka 569-1094, Japan. yohno@gly.oups.ac.jp

Neurobiol Dis. 2011 Feb;41(2):261-9. Epub 2010 Sep 25.

Les mutations du gène codant pour la sous-unité SCN1A du canal sodique voltage dépendant (Na(v)) sont impliquées dans la pathogénèse des convulsions fébriles, y compris l’épilepsie généralisée avec convulsion fébriles (GEFS+) et l’épilepsie myoclonique sévère du nourrisson (SMEI). Les rats HISS (pour rats susceptibles de convulsions induites par la température) représentent le nouveau modèle de rat qui porte une mutation ponctuelle faux-sens (N1417H) du gène SCN1A, localisée dans la 3ème région formant un pore du canal Na(v)1.1. Dans notre travail, nous avons mené des études neurochimiques et comportementales pour clarifier l’implication fonctionnelle de la mutation SCN1A in vivo et le mécanisme impliqué dans la susceptibilité aux convulsions hyperthermiques. Les rats HISS ont montré une susceptibilité élevée aux convulsions hyperthermiques (principalement avec des crises cloniques généralisées), qui étaient associées avec des décharges épileptiques paroxystiques. L’analyse immuno-histochimique de l’expression de la protéine FOS dans le cerveau a montré que les convulsions hyperthermiques ont provoqué une élévation générale de l’immuno-réactivité à FOS dans les cortex cérébraux incluant l’aire motrice, les cortex piriforme et insulaire. Dans les régions subcorticales, les convulsions hyperthermiques augmentaient l’expression régionale de FOS, spécifiquement dans les régions limbiques et paralimbiques (ex : hippocampe, amygdale et cortex perhinal-entorhinal), sans affecter les autres régions du cerveau (par ex : ganglion basal, di-encéphale et moelle épinière inférieure), suggérant l’implication primaire du système limbique dans l’apparition des convulsions hyperthermiques. De plus, les rats HISS présentaient un seuil significativement plus bas que les animaux contrôles dans la genèse des décharges épileptiques en réponse à une stimulation locale de l’hippocampe (post-décharges de l’hippocampe). Enfin, les convulsions hyperthermiques chez ces rats HISS étaient significativement diminuées par des molécules anti-épileptiques comme le diazepam, l’acide valproïque, tandis que la phenitoïne ou l’ethosuximide étaient inefficaces. Ces découvertes présentées ici confortent que l’hypothèse selon laquelle les rats HISS constituent un nouveau modèle utile de rat de convulsions fébriles et suggèrent que l’hyperexcitabilité des neurones limbiques associée aux mutations faux-sens du gène SCN1A joue un rôle crucial dans la pathogénèse des convulsions fébriles.
Generalized Periodic Epileptiform Discharges in a Child With Dravet Syndrome.

Moseley BD, Wirrell EC, Nickels K.

Department of Neurology, Mayo Clinic, Rochester, Minnesota.

Epilepsia. 2011 Feb;52(2):393-400. doi: 10.1111/j.1528-1167.2010.02926.x. Epub 2011 Jan 26.

Les décharges généralisées et périodiques épileptiques peuvent se manifester dans une grande variété de syndromes épileptiques ou pré-épileptiques. De telles décharges sont extrêmement rares chez les enfants. Une mauvaise vision d’origine cérébrale est susceptible d’être associée avec le début de crises épileptiques généralisées ou partielles, particulièrement si elles ont leur siège dans le lobe occipital. Les auteurs présentent le cas d’un bébé garçon de 10 mois dont l’électro encéphalogramme a révélé des décharges généralisées et périodiques épileptiques après un épisode de status epilepticus. De telles décharges ont nécessité de maintenir une surveillance EEG, durant laquelle 2 nouvelles crises ont été observées. On a également découvert que le bébé souffrait de cécité visuelle d’origine cérébrale, qui a lentement disparu après la fin des crises. Une mutation de novo sur le canal sodique voltage dépendant SNC1A a ensuite été découverte, compatible avec un diagnostic de syndrome de Dravet.

Drosophila as a model for epilepsy: bss is a gain-of-function mutation in the para sodium channel gene that leads to seizures.

Parker LPadilla MDu YDong KTanouye MA.

Department of Environmental Science, Policy and Management, University of California, Berkeley, California 94720, USA. louiseparker@berkeley.edu

Genetics. 2011 Feb;187(2):523-34. Epub 2010 Nov 29.

Nous rapportons l’identification d’un “bang senseless” (BSS), un mutant de Drosophila melanogaster (mouche du vinaigre) présentant des comportements de type convulsif, comme un allèle du gène paralytique (para) du canal sodique voltage-dépendants (Na (V)). Les mutants sont plus sujets à des épisodes de convulsion que les mouches normales en raison d’un seuil épileptogène abaissé. Les phénotypes bss sont dus à une mutation faux-sens dans un segment déjà impliqués dans l’inactivation, appelé le motif “paddle” des 4 domaines homologues du Na(V). L’expression hétérologue d’ADNc contenant la lésion bss(1), suivie par électrophysiologie, montre que les canaux d’affichage mutant modifient l’inactivation du voltage-dépendant par rapport au type sauvage. Les phénotypes de bss sont les plus sévères des mutants “bang-sensitive” chez la drosophile et peuvent être améliorés, mais pas supprimé, par un traitement avec des médicaments anti-épileptiques. En tant que tel, les convulsions associées à bss ressemblent à celles des épilepsies pharmaco-résistantes causée par une mutation du gène SCN1A du Na(V) chez l’homme, tel que l’épilepsie myoclonique sévère du nourrisson ou l’épilepsie réfractaire avec des crises généralisées tonico-cloniques.

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